31 mai 2005

 

Gâtisme chiracophrénique : le coup de canicule ?

Au lendemain d'un référendum qui désavoue à la fois la majeure partie de la classe politique et la personne du chef de l'État, devenu pendant quelques semaines le chef de la campagne du "OUI", que trouver de mieux comme "impulsion nouvelle" que ce gouvernement de "rassemblement" et de "mobilisation nationale" ? Songez-y :
Galouzeau de Villepin, le poète flamboyant, le haut fonctionnaire, l'ami de la famille, le fidèle vizir du grand Mamamouchi, dans le rôle du rassembleur ?
Et Sarkozy, président de l'UMP, pour apporter l'alternative et la composante nationale ? Il n'aura pas eu Matignon, par peur du président de perdre son Premier Ministre en route, au risque de lui rappeller quelques souvenirs cuisants.
Quand Villepin aura choisi Alliot-Marie, Borloo, et repoussé les UDF, les MPF, et les socialistes sans distinction, qu'apposera-t-il au mur du Conseil des Ministres ? Gouvernement d'union nationale ? Faudra-t-il rajouter "des ex-partisans du OUI désavoués par le peuple souverain" ? Je leur proposerai alors une devise de circonstance : "Nous sommes ici par la volonté du monarque, nous n'en sortirons pas par la volonté du peuple".
Une décision cacochyme et très peu présidentielle, prise aux risques des retours de flamme d'une opinion qui s'est enfin libérée des diktats médiatiques - on ne peut appeller autrement la coalition de 99 % des éditorialistes français sur une question si grave, d'un parti socialiste dans le flou mais conscient de sa force, et d'une droite élargie que le maire de Neuilly n'attirera pas à lui tout seul.
Car, malgré les manoeuvres, le but semble être bien défini : le lancement de Sarkozy pour la prochaine présidentielle. Peut on préciser une date ? Chirac, à l'hallali, a pu lui offrir la voie libre pour l'élection suprême - éventuellement anticipée, en échange de sa paix juridique de président retraité. L'accord maintiendrait une certaine unité à l'UMP pour la campagne, qui inquiète déjà les élus de droite. La carrure encore un peu mince de l'ex- et futur ministre de l'Intérieur expliquerait cette allégeance du jeune loup au vieux singe le soir du 29 mai.
Mais que signifierait un gouvernement pareil, sous les auspices de la "mobilisation nationale" ? Villepin est ministre sortant, il traine comme un boulet son mépris pour le suffrage populaire, Sarkozy est le chef de l'ancien parti du président. Tous deux sont OUIstes acharnés. Quelle légitimité populaire représentent-ils ?

Vu sur Reuters
"Dans un esprit de rassemblement, j'ai demandé à Nicolas Sarkozy de rejoindre le gouvernement comme ministre d'Etat, ce qu'il a accepté", a dit Jacques Chirac, signant une première dans l'histoire des institutions françaises.
C'est le moins qu'on puisse dire... jusqu'à preuve du contraire la composition du gouvernement revient au Premier Ministre. Est-ce l'adoubement du dauphin, après son allégance au monarque ?

Vu sur la Libre Belgique
Le couple Villepin-Sarkozy succède à Raffarin
Décidement pauvre Cécilia, il ne lui aura épargné aucune humiliation !

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