16 février 2005

 

La placidité souriante de François Fillon

« Devant la placidité souriante de François Fillon, on en viendrait à se rassurer sur l'état de l'école. (...) Pas de quoi s'affoler, vraiment ? Quelques chiffres connus : 30% de mal-lisant à l'entrée en sixième, 40% de mal-écrivant, 35% de sachant pas compter. 200 000 élèves ne maîtrisent pas les savoirs fondamentaux. La France dépense 6 500 euros par élève et par an alors que la moyenne de l'OCDE est de 4 000 euros, mais notre pays reste classé médiocrement au rang international. L'école produit, coûteusement, de l'illettrisme et de la violence. Cette dernière a représenté 80 000 actes en 2004. Cela peut s'appeler une faillite. Elle n'est pas imputable aux seuls «pédagogues» et adeptes de l'enseignement festif, qui auront méprisé la transmission des savoirs et de la culture. Aussi ne suffira-t-il pas à Fillon de rétablir l'autorité et l'autonomie des enseignants pour que l'école retrouve son ambition intellectuelle. Car le mal est plus profond : il tient aussi au manque de motivation de l'Education nationale à défendre l'héritage français, remis en cause au nom de l'accueil des identités nouvelles. Un rapport de l'inspection générale de l'Education nationale, révélé en juillet par Le Figaro, décrivait «l'accomplissement, en quelques années, de l'islamisation» de quartiers entiers, dans les banlieues mais aussi dans les bourgs des campagnes. Dans nombre d'établissements, la mixité est remise en question par les garçons. Des petits refusent de chanter, de danser, de dessiner un visage pour des raisons religieuses. Des élèves contestent Rousseau, trouvent Cyrano de Bergerac et Madame Bovary licencieux. D'autres s'interdisent d'utiliser le signe + parce qu'il ressemble à une croix. Même le personnel se prête à ce prosélytisme. Toujours selon le rapport, des emplois-jeunes ont permis à des «grands frères» de pénétrer dans les établissements. L'entrisme est observé également parmi les assistants d'éducation, les instituteurs, les professeurs de lycée professionnel. Il n'est plus exceptionnel d'observer, dans les instituts de formation des maîtres (IUFM), des étudiantes voilées et des barbus qui n'ont plus rien des hussards noirs de la République »
Yvan Rioufol, « Le Figaro » du 14/1/2005

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